Je suis une menteuse. Sourires en plastique. Je suis lasse de faire comme si. Ma vie a beau présenter certains aspects indéniablement positifs, je suis malheureuse, au ras du sol, la gueule dans le béton. Rien n'a changé, je suis toujours cette même méduse solitaire échouée sur le sable dégueulasse. Avec cet ignoble goût d'échec entre les dents, la marque de l'élastique dans les cheveux, les cernes sous les yeux, et le coeur à babord, ficelé comme un cadavre dans un sac en toile tâché de toutes parts. Les organes qui tanguent à m'en coller le vertige, à m'en sortir du corps. Rien ne sert de croire s'en tirer, se retrouver sur la case départ, les poches trouées et les cheveux sales n'a rien d'original mais plutôt de systématique. L'automatisme de la ronde maudite dont on ne peut sortir, même avec une scie à métal dans les mains. Le plus malheureux étant de continuer à croire que je puisse un jour vaincre mon démon. Tragédie aveugle sur la face dentée du couteau. A s'en décoller chaque parcelle de peau. Et s'en voir tomber les yeux dans le panier de douleurs spasmodiques qui nous suit comme un chien fidèle. Les volutes s'égarent et se dissipent au lieu de pénétrer les plafonds. Comme quoi quand on s'évertue à tirer vers le haut, il y a toujours quelque chose qui nous arrête. Note: acheter une perceuse avant de remettre les pieds à Fightland. Quoiqu'ailleurs, toutes les routes se ressemblent.
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